Les réseaux sociaux, néfastes pour les sportifs ?

Depuis un certain nombre d’années, les réseaux sociaux incitent à nous en mettre plein la vue. On parle souvent de fake news mais on ne parle pas assez du fake self. Non seulement montrer une image faussée de soi est un mensonge envers soi-même, un mensonge envers les autres, mais cela a aussi un impact néfaste sur les pratiques sportives à tous !

Les réseaux sociaux cultivent l’illusion et cela s’applique dans l’univers dans lequel nous comme vous baignons régulièrement: le sport. Cela découle de différentes choses. Tout d’abord, prenons exemple sur Instagram. La tyrannie de l’image, par exemple, d’un mode de communication par les mots nous avons migré vers un mode d’influence par l’image. Les photos parfaites, les vidéos bondées de plans et d’infos pullulent. On parle d’une société de consommation, adepte de l’éphémère. Nous ne savons pas si vous imaginez les montants que les marques dépensent pour vous asséner de contenus qui ne visent qu’à récolter vos réactions, vos partages et vos achats. La fameuse course à l’engagement. Pour vivre donc pour vendre, les marques doivent vous faire envie. Sauf que ces mécaniques reposent aujourd’hui souvent sur un marketing d’influence. Or les plus gros influenceurs ne sont pas ceux qui nous font nécessairement le plus de bien.

Passons à la tyrannie du bonheur.

De la tyrannie de l’image découle la tyrannie du bonheur. Plus vous vendez du rêve à des gens qui sont majoritairement incapables de suivre le dixième de vos défis ou de vos projets, plus on vous suit. Par admiration ou par désespérance ? Ces émotions flirtent l’une avec l’autre continuellement. On suit mais on envie. On suit mais on jalouse. On suit mais on déteste. Il FAUT être heureux, tout le temps. On suit ceux qui baignent dans cette illusion. Les stories, cette innovation géniale d’Instagram qui donne vie à des comptes figés prend aujourd’hui la forme d’un tsunami qui emmène tout sur son passage. On vit désormais avec les gens. On les suit à la trace. On accompagne leurs journées, du moins ce qu’il veulent bien en montrer. C’est un flot continuel de génialité déguisée derrière des filtres ou des postures qui donne l’illusion d’un corps de rêve pour les adaptes du fitness. Qu’en retirons-nous de vraiment nourrissant ? En une journée de scrolls interminables sur les timelines Facebook et Instagram des autres, quelle est la part de contenu qui nous donne envie d’aller plus loin, d’être meilleurs, de grandir ?

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